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    Les chronographes : l'outil qui a rythmé le monde

    Les chronographes : l'outil qui a rythmé le monde

    Par CharlemagneMis à jour le 6 min de lecture

    Le chronographe n'est pas une montre ordinaire

    C'est le seul instrument mécanique né pour mesurer le temps en action. Dès 1821, Nicolas Rieussec pose le premier brevet pour chronométrer les chevaux. Puis la guerre arrive. Breguet livre aux pilotes français des modèles de poche. Breitling et Rolex suivent avec des poussoirs précis.

    Seiko et les Jeux Olympiques, une histoire de précision

    En 1964, Tokyo accueille les Jeux. Pour le Japon, c'est une question d'honneur national. Seiko est choisi comme chronométreur officiel. La marque débarque avec 1278 instruments de mesure. Chronomètres de poche. Horloges murales. Et surtout le Crown Chronograph mono-poussoir, une pièce créée spécialement pour l'événement. 21 rubis. Boîtier acier massif. Lunette rotative gravée. Ce n'est pas joli, c'est fonctionnel.

    Seiko Crown Chronograph, chronométreur officiel des Jeux Olympiques de Tokyo 1964
    Seiko Crown Chronograph mono-poussoir, Tokyo 1964. Le début d'une ère.
    Publicité Seiko dans Life International pour les Jeux Olympiques de Tokyo 1964, chronomètres de poche en cascade
    "How many stop watches are needed to time a modern Olympiad?" Publicité Seiko parue dans Life International, 1964.

    Avant Tokyo, le chronométrage sportif était européen. Longines, Omega, tout se décidait en Suisse. Seiko renverse la table. Leur système de photo-finish imprimé au millième de seconde change les règles. Plus de jugement à l'oeil. Plus de contestation. La machine tranche.

    Publicité Seiko pour les Jeux Olympiques de Tokyo 1964
    Publicité d'époque pour le Crown Chronograph et le World Time, lancés pour les JO de 1964.

    Depuis, Seiko n'a jamais lâché l'athlétisme. Championnats du monde, Diamond League, marathons internationaux. Leurs boîtes jaune fluo sont devenues aussi reconnaissables que les couloirs de sprint. On ne les regarde pas. On les cherche des yeux à chaque arrivée.

    Usain Bolt posant devant le panneau Seiko affichant 9.58 secondes, record du monde du 100m, Berlin 2009
    Berlin 2009. 9.58 secondes. Le panneau Seiko affiche le record, Bolt pose devant. Les deux entrent dans l'histoire.

    Paul Newman et la Daytona, l'accident devenu légende

    Paul Newman n'a jamais voulu être un ambassadeur horloger. C'est sa femme, Joanne Woodward, qui lui offre une Rolex Daytona référence 6239 à la fin des années soixante. Au dos du boîtier, elle fait graver "Drive Carefully Me". Newman est pilote amateur. Il court en SCCA, à Daytona, à Lime Rock. La montre l'accompagne partout.

    Paul Newman au volant de sa voiture de course, Rolex Daytona au poignet
    Paul Newman au volant. La Daytona au poignet. L'homme et la montre, inséparables.

    Le cadran de sa Daytona est particulier. Fond crème. Sous-compteurs noirs. Index carrés. Échelle tachymétrique en relief. À l'époque, personne n'en veut. Les revendeurs bradent ces cadrans "exotiques" parce que les clients préfèrent les versions classiques. Ironie totale.

    Puis Newman porte sa montre dans un magazine. Puis un autre. Les collectionneurs commencent à appeler ce cadran "Paul Newman". Le mythe s'installe. En 2017, la montre originale de Newman, celle avec la gravure de Joanne, se vend chez Phillips pour 17,75 millions de dollars. Record absolu à l'époque. Un objet qui valait 300 dollars en 1968.

    Rolex Daytona Paul Newman référence 6241, cadran panda aux sous-compteurs bruns
    Cadran "Paul Newman". L'exotique que personne ne voulait. Devenu le Graal.

    Ce qui rend l'histoire belle, c'est que Newman s'en fichait. Il portait sa Daytona pour chronométrer ses tours de piste. Pas pour impressionner. Pas pour investir. Il l'a donnée à James Cox, le petit ami de sa fille, en lui disant simplement "tiens, prends ça". Cox l'a portée pendant des années avant de réaliser ce qu'il avait au poignet.

    Tag Heuer et la Formule 1, le chrono à 300 km/h

    Jack Heuer est un homme de course. En 1963, il baptise son nouveau chronographe "Carrera", du nom de la Carrera Panamericana, cette course mexicaine mortelle des années cinquante. Trois mille quatre cents kilomètres à travers le désert et la montagne. Des pilotes y sont morts. D'autres y sont nés. Jack Heuer voulait ce nom. Il l'a pris.

    Départ de la Carrera Panamericana, années 1950, drapeau à damier et voitures de course
    La Carrera Panamericana. Drapeau à damier, poussière et adrénaline.

    En 1969, Tag Heuer frappe encore plus fort. La Monaco, première montre automatique à remontage automatique avec boîtier carré et étanche. Steve McQueen la porte dans "Le Mans". Le film est moyen. La montre devient culte.

    Mais c'est la Formule 1 qui scelle le destin de Tag Heuer. La marque devient chronométreur officiel en 1992 et ne lâche plus. Ayrton Senna porte une Tag Heuer. Puis McLaren. Puis Red Bull. Aujourd'hui encore, chaque Grand Prix affiche l'horloge rouge et blanche au-dessus de la pit lane. Les millièmes de seconde qui séparent les pilotes en qualifications, c'est Tag Heuer qui les compte.

    Pit lane de Formule 1 avec l'horloge Tag Heuer dominant les stands
    Tag Heuer domine le pit lane. Chaque milliseconde compte, ils les comptent toutes.
    Voiture de course aux couleurs Tag Heuer lors de la Carrera Panamericana moderne
    La Carrera Panamericana continue. Les voitures portent encore les couleurs Tag Heuer.
    Tag Heuer Carrera Chronograph x Porsche 963, boîtier noir et aiguille rouge
    Tag Heuer Carrera x Porsche 963. Le racing moderne, noir et rouge.

    L'espace aussi

    Omega Speedmaster. Moonwatch. Portée sur la Lune. Certifiée NASA. Le chrono qui a vu Armstrong poser le pied. Toujours en production. Toujours au poignet des astronautes.

    Omega Speedmaster Professional Moonwatch sur bracelet acier, posée sur des roches
    Speedmaster. Noir. Classique. Éternel.

    Les artisans du chrono

    Et puis il y a les pionniers. Ferdinand Berthoud, horloger de marine du roi. Précision folle au dix-huitième siècle. Relancé par Chopard avec le FB1, un tourbillon à chaîne fusée qui rend hommage à deux siècles de savoir-faire.

    Ferdinand Berthoud FB1 Chronométrie, tourbillon à chaîne fusée en titane, aiguilles bleues
    Ferdinand Berthoud FB1. Tourbillon à chaîne fusée. Deux siècles d'horlogerie marine dans un boîtier moderne.

    Et François-Paul Journe. Indépendant. Son Chronomètre à Résonance fait vibrer deux balanciers ensemble, en harmonie. De la poésie mécanique pure. Son Tourbillon Souverain Vertical repousse encore les limites.

    F.P. Journe Chronomètre à Résonance en or rose, cadran saumon
    F.P. Journe Chronomètre à Résonance. Deux balanciers, une seule obsession.
    F.P. Journe Tourbillon Souverain Vertical en platine, sur plans techniques
    Tourbillon Souverain Vertical. La mécanique portée au rang d'art.

    Le chrono, c'est tout ça

    Histoire. Sport. Science. Luxe. Seiko pour la masse. Rolex pour le rêve. Omega pour l'infini. Et les artisans pour l'art. Le chronographe a tout mesuré, des chevaux de Rieussec aux secondes de Bolt. Il continue.

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