
Montres et Espace, Tome 2 : Celles qui volent encore
Par Charlemagne WatchesMis à jour le 4 min de lecture
Sommaire
Les presque ratés
L'espace, ce n'est pas un film. En 1965, pendant Gemini 4, Ed White lance son chrono Speedmaster. Il se bloque. Pas de panique à bord, mais la NASA frôle la crise de nerfs au sol.

En 1971, Apollo 15. Dave Scott constate que sa Moonwatch perd dix secondes par jour. La poussière lunaire avait infiltré le mouvement et rongé les engrenages. Et en 1986, sur Challenger, un astronaute encaisse un choc violent au décollage. Verre fissuré, aiguilles tordues. Il l'a gardée quand même. « Ça fait partie du voyage », a-t-il dit.

Ces échecs ont forcé les manufactures à devenir obsédées par la fiabilité. Sans ces incidents, pas de X-33, pas de Novonaut.
Les tests en stratosphère
Avant l'orbite, on monte à 30 kilomètres. Fortis, 1993. Une B-42 Cosmonauts accrochée à un ballon-sonde. Moins 70 degrés, zéro pression, vibrations de marteau-piqueur. Revenue intacte.

Omega, 2018. La X-33 envoyée dans les mêmes conditions. L'écran LCD gèle, puis dégèle. Elle clignote encore. Et en 2024, un prototype de Novonaut russe expédié à 35 kilomètres d'altitude, 9 G de décélération. Le calibre Werk 17 n'a pas bronché.

C'est là, dans le froid noir, que naissent les montres qui volent vraiment. Pas sur les réseaux. Sur un ballon qui dérive au-dessus de tout.
Les montres du quotidien en orbite
Aujourd'hui, on bosse.
Omega X-33 Skywalker Gen 2. Pesquet, Koch, l'équipage Artemis II. Quartz, velcro, affichage LCD orange. Elle sonne l'alarme pendant que l'astronaute flotte entre deux expériences. Pas une légende. Une collègue de travail.


Fortis Novonaut. Titane, céramique, lume qui éclaire comme un phare dans la nuit orbitale. Les cosmonautes la portent sur Soyouz, sur l'ISS. Brute, robuste, indestructible.
Speedmaster custom NASA. Bracelet tissé, logo bleu-rouge, cadran panda inversé. Pour Artemis, elle revient comme une vieille connaissance.
Casio G-Shock DW-9052. Missions privées, Crew Dragon. Pas chère, pas fine, mais elle encaisse les radiations, les chocs, et tout le reste. Kimiya Yui l'avait au poignet en 2025. Il l'a même utilisée pour chronométrer un repas en apesanteur.


Les anecdotes folles
1995. Un cosmonaute russe perd sa Fortis B-42 dans l'ISS. Elle flotte pendant trois jours avant de se coincer dans un filtre à air. Il la récupère, la remonte. Elle marche encore.
2009. Un astronaute de l'ESA utilise sa X-33 comme réveil pour un chat de laboratoire en orbite. Sonnerie à 7 h 00 GMT, le chat miaule, tout l'équipage éclate de rire.
2022. Sur une mission Axiom, un milliardaire embarque avec une Rolex Daytona en or. Elle prend un coup de radiation. Cadran jauni, chronographe bloqué. Il la garde. « Souvenir d'un voyage à 400 millions. »
Et la plus dingue. En 2016, un astronaute « répare » sa Speedmaster avec un bout de scotch et un trombone. Elle tient six mois. La NASA ferme les yeux.
Et demain ?
Mars. Une X-33 qui tiendra six mois sans batterie. Une Novonaut qui résistera à la poussière rouge. Ou une Speedmaster, une fois de plus.
Parce que l'espace, ce n'est pas que des chiffres. Ce sont des histoires. Et les montres les portent au poignet.
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